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Et brusquement c’est le chaos : des ennemis surgissent sur toute la longueur de la plaine. Flore se retourne vers ses hommes et fait un bref hochement de tête simultanément que le reste de la Garde de la Rivière : les archers bandent, tiennent et relâchent.

Quelques instants plus tard, une pluie de flèches s’abat sur les ennemis qui se retrouvent pris pour cible avant même d’avoir pu décocher leurs épées. De nombreux chevaliers se retrouvent au sol, désarçonnés de leur cheval ou touchés par une flèche. Certains sont morts mais d’autres bien plus nombreux, gémissent avec des petits cris sur le sol. Mais bientôt, le flux de flèches ne parvient plus à endiguer le nombre d’ennemis tandis que les stocks des archers se vident peu – à – peu que ceux – ci tirent flèche sur flèche.

Flore décoche son épée, la prend dans une de ses mains et de l’autre maintient fermement les rênes de son cheval qui commence à brusquement s’agiter sous elle sous l’effet de la peur sûrement.

Quelques minutes plus tard, les archers n’ont plus de flèches et une véritable armée de fantassins se jettent corps et âme dans un combat sanglant tandis que d’autre continuent d’affluer des quatre coins de la plaine.

Flore propulse son cheval au devant du combat et d’un geste vigoureux abat son épée sur le premier fantassin qui passe à sa portée. Ses compagnons, étonnés de voir une femme passer au – devant du combat et tuer l’un de leurs frères ne bougent plus et se retrouvent rapidement sur le sol, effondrés, le corps disloqués là ou l’épée d’Flore a frappé durement et sèchement.

Il ne faut pas longtemps à l’armée félone pour se rendre compte que les vraies cibles ne sont autre que les membres de la Garde de la Rivière facilement remarquables au tas de corps qui se trouve par terre autour d’eux, morts, le corps souillé, ravagé par les piétinement des chevaux.

Et Flore, toujours aussi vigoureuse dans son combat, dans son engagement dans ce conflit contre cet ennemi invincible et insatiable qu’est la mort. Ses muscles fatigués crient un besoin de repos mais elle continue à frapper, taillader, trancher, lutter, survivre pour les valeurs qu’elle défend tout autant que pour sa vie personnelle. Elle ne voit désormais pas plus loin que lo bout de son épée qui devient maintenant le prolongement de son corps comme si elle s’était fait implanter dans le corps une extension à son bras. Chacun des mouvements qu’elle produit est suivi par l’arme dans un mouvement fluide et léger mais qui n’en pas moins meutrier.

Chaque coup porté, chaque botte allongé, chaque feinte servie a un résultat : de la parade d’estoc au meurtre sordide, les ennemis tombent sur le sol toujours plus nombreux à s’effondrer mais toujours plus nombreux à affluer pour se joindre au combat.

Et tandis que, aveuglé par la rage de vaincre, de sa battre et de survivre, elle s’enfonce peu à peu dans les lignes ennemies, les escarmouches autour d’elle s’arrêtent et bientôt les seuls ennemis encore en train de se battre sont ceux qu’elle combat.

Et soudain, le vacarme des combats est estompé par le sol de cordes qui se détendent et à nouveau une pluie de flèches s’abat sur les ennemis.

Mais ces ennemis sont au contact de certains alliés et bientôt les memrbes de la Garde de la Rivière commencent à s’effondrer sur le sol touchés, peut – être même tués. Ne reste que l’infanterie alliée, les archers alliés et les chefs ennemis qui tentent tant bien que mal d’échapper aux flèches alliées.

Comme mûe par la force du désespoir, Flore se jette dans la mélée pour attraper les chefs ennemis qui sont responsables de tous ces actes infâmes, qui sont responsables indirectement de la mort de ses camarades, ses amis et ses compagnons d’armes. Car, à travers la blessure, à travers l’opposition masculine et féminime, à travers la mort, ils continuent de vivre en elle et jamais, jamais plus elle ne les laissera tomber ni jamais ne les laissera mourir. Elle se battra, même si elle doit y périr pour que leur dépouille n’ait pas été vaine, pour que leur sacrifice n’ait pas été un coup d’épée dans l’eau.

Flore saute à pied de son cheval, saisit son arme à deux mains désormais et se prépare à affronter en tant que bretteuse les chefs ennemis. Ceux qui sont responsables de la mort de ses compagnons mais aussi ceux qui ont permi aux armées de se rendre compte qu’une femme peut – être autre chose qu’une aide de camp. Qu’une dame peut – être chevalier, qu’elle peut se battre aussi bien qu’un chevalier, voire même mieux que certains.  » La dame – chevalier  » songe – t – elle fera résonner son nom à travers les époques, marquera l’histoire de son sceau et laissera son sceau au milieu de cet univers fasciste qu’est le chevalerie. A présent, Flore ne souhaite plus qu’une chose : rejoindre les légendes de ces héroes qui ont changé le monde, ces combattants qui ont changé le futur et sont devenus des idoles que l’on respecte et idôlatrent. Elle n’est plus une dame au milieu d’hommes, elle est un chevalier au milieu de cadavres, elle est la survivante, la rescapée d’un massacre qui aura vu tomber uniquement des hommes dits si valeureux et laisser debout la seule femme du champ de bataille. Elle se dit soudain que l’ironie du sort voulait que le seul combattant encore debout au milieu de cet hécatombe n’avait même pas été sacrée chevalier mais restait l’incontestable victorieuse de la bataille. Une bataille aussi bien pour la survie des prés de la baronnie alliée mais aussi bien une bataille pour l’égalité dans ce monde inégalitaire comme elle était désormais à même de s’en rendre compte. Si cette bataille lui avait bien fait comprendre quelques chose, c’est bien qu’elle n’était faite que pour la guerre et pour rien d’autre. Et cette idée la séduisait sérieusement. Elle devait bien avouer qu’elle était fière de pouvoir se dire combattante de la liberté, aussi bien  du comté que des dames en général.

Elle n’était maintenant plus qu’à quelques pas des deux chefs ennemis qui ne l’avaient pas vu arriver. Ell planta sans ménagement son épée dans le dos du premier venu et ce mouvement la rendit visible pour le deuxième.

Ce dernier brandit lui aussi son épée et les deux ennemis d’un duel qui s’annonçait forcément mortel pour l’un des camps tournèrent en rond sous les yeux inquiets des archers et de l’infanterie encore debout. Le chef tenta une percée en allongeant une botte peu commune mais Flore la détourna habilement avant de tenter elle aussi une attaque directe sur le chef mais celui – ci n’eut pas autant de chance que la dame – chevalier. Sa tentative de parade se solda par un échec cuisant qui eut pour seul effet de se le voir une épée fichée dans le plastron quelques instants plus tard. Il s’effondra lourdement sur le sol et Flore leva les yeux juste à temps pour voir les soldats alliées crier de victoire sous les yeux impressionnés du baron.

 

Quelques années plus tard…

La jeune femme prêta serment d’une voix fébrile et releva les yeux pour voir et sentir les légers coups d’épée lui toucher les épaules. Comme un certain nombre avant elle maintenant, elle faisait partie de ces femmes qui ont pour vocation d’être chevalier, n’en déplaise au maître d’armes de la cour royale qui voyait d’un mauvais oeil ces recrues féminines. Peu lui importaitr de toute façon car elle allait dans tous les cas rejoindre les membres de la Garde de la Rivière, une unité exclusivement composée de femmes et qui dédie sa force à la protection de sa patrie. Elle leva les yeux vers les grands tableaux qui occupaient le mur de pierre de la salle d’adoubement. Sur chacune des peintures, elle pouvait voir les visages bienveillants des grands chevaliers de ce monde lui sourire avec un visage crispé par l’effort mais néanmoins heureux et fiers de leur labeur. Parmi ces peintures, celle que l’on surnomme généralement la  » dame – chevalier « . La première dame ayant été adoubée et faite chevalier après les Guerres Baronnes une vingtaine d’années auparavant. Grâce à la dame – chevalier, la jeune femme pouvait maintenant exercer son seul plaisir dans sa tâche laborieuse mais extrêment gratifiante de chevalier.

Quand elle sortit de la salle d’adoubement, ce fut un jetant un regard dédaigneux au maître d’armes et un autre, reconnaissant vers la dame – chevalier.

Le maître d’armes la dévisagea longuement puis soupira de manière insistante pour exprimer son mécontentement non caché.

Mais la jeune femme s’en fichait éperdument ; elle savait comme la dame – chevalier qu’un jour les dames seraient les égales des hommes dans ce combat pour la survie d’un monde libre, égalitaire et non dicté par un sexe ou une classe sociale.

 

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