Un œil ouvert, l’autre encore dans le brouillard d’un hiver qui s’envole, nos petits piquants commencent à sentir la douceur du printemps qui chatouille le nez, il va être temps d’aller fureter partout à la recherche de vers et de petits insectes, parce que là c’est la fringale qui commande nos hérissons.

Pour Maman hérisson, pas moyen de les retenir plus longtemps sous la couverture épaisse de feuilles qui part en morceaux sous l’effet des piquants de 5 garnements qui s’agitent vers la lumière bienfaisante du premier soleil de mars. De toute manière, ils sont grands maintenant, alors il est temps qu’ils affrontent la vie en solitaire.

Les voilà tous les cinq à retourner énergiquement la terre, à soulever quelques rameaux de bois que le jardinier avait déposé là pour protéger les pieds de verveine, à faire sortir de sa cachette un vieux crapaud fort mécontent par cette attitude de brigands – comme s’ils n’avaient pas autre chose à faire… – se dit-il en coassant plusieurs fois. La famille hérisson est vite repérée par les autres habitants des lieux, on les entend grogner depuis la mare.

Soudainement, un nez se lève attiré par une odeur irrésistible, puis c’est toute l’équipe qui part dans la direction de cette effluve magique. Maman hérisson a repéré elle aussi la bonne odeur, elle suit sa petite bande de loin. Sans s’occuper des lombrics qui préparent la terre aux jardiniers, nos jeunes  viennent se planter devant un banc de bois où posée sur un carreau de terre cuite, une pipe en bois semble les observer. Ils sont comme des fous car près d’elle un long étui bien rembourré renferme un trésor olfactif sans pareil. En quelques secondes, la pipe est prise d’assaut par des quenottes affûtées qui mâchouillent le bois, puis à côté c’est la poche de tabac qui vole en l’air puis se retrouve sur l’herbe complètement éventrée. Même un chat qui passait par là à la recherche de mulots s’écarte vivement de la petite scène, tout affolé par le remue-ménage intensif des piquants.

 

Hé hé au bout de l’allée, on entend les pas rapides du jardinier, on devine sa colère devant le spectacle désastreux et la perte définitive de sa belle pipe en bois. Les petits cette fois-ci se hâtent vers d’hypothétiques sorties. Grande panique dans la fratrie et grand plouf dans la mare. Le premier bain de printemps est un peu frisquet mais ils ne perçoivent aucunement la température de l’eau. C’est trop drôle de les voir nager à toute vitesse, juste le museau hors de l’eau, les piquants plaqués sur le dos, ce sont d’excellents nageurs. Même Maman hérisson n’en revient pas, car pour un premier cour de natation, c’est 100 % de réussite.

 

Remis de leurs émotions nautiques nos 5 garnements en veulent encore. Ils se dirigent maintenant vers l’atelier de jardinage où ils ont repéré un nouveau festin olfactif très prometteur. Ils ont eu raison de la pipe en bois et là ce sont de longs fourreaux verts qui vont subir une attaque en règle. L’un des fourreaux secoué par un piquant tombe à terre, puis les autres sous l’effet domino suivent. Ce fumet de chaussettes bien usagées qui en sort envahit le nez et la bouche de nos hérissons à les rendre totalement fadas, ils sont comme en transe, à des kms des menaces qui pourraient survenir même à l’intérieur d’une botte en caoutchouc ! Au bout d’un petit quart d’heure, les voilà qui ressortent repus. Maman hérisson qui a fait sa provision de bestioles les aperçoit et va les suivre discrètement, enfin comme peut le faire un hérisson bien entendu. Il est temps pour la petite bande de se trouver un coin tranquille afin de se livrer à une toilette ubuesque. Chacun va s’enduire le corps de bave mousseuse composée de « tabac chaussette » jusque sur les piquants, ceci pour masquer leur propre odeur, parce qu’il va falloir s’aventurer sur tout le site des Chevaliers de l’Astrée et ruser face aux congénères, d’où cette tenue de camouflage à la hérissonne. Un peu bête nos petits piquants mais pas tout le temps.

Bon maintenant une petite promenade avec Maman sans se faire trop remarquer, parce que dans l’atelier des bruits montent, ça rigole pas du tout, vu l’état lamentable dans lequel doivent se trouver les bottes de chacun…….

 

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